25 avril 2008
Dans l'étendue de la grande solitude
Quand je parcourus donc, et plusieurs fois, cette majâbat al-Koubrâ -littéralement : étendue de la Grande Solitude-, autrement nommée par d'autres (...), j'avais un but, selon moi essentiel et sans lequel aucun voyage n'a d'intérêt: l'étude scientifique. Et par là j'entends -mes carnets en témoignent- le ramassage systématique de tout artefact: insecte, plante, caillou ordinaire ou caillou dont la présence étonne, un répertoriage soigneux des roches, croquis descriptifs d'affleurements, dénombrement des cordons dunaires, puis aussi une numérotation efficace des échantillons prélevés, le compte rendu des températures, des heures de lever, de départ et d'arrivée, du nombre de traces de tel ou tel animal croisées, des quantités de boisson absorbées et restituées...Bref, de tout ce qui constitue une vision scientifique du monde, jamais ou le moins possible dépendante de l'observateur, et se refusant systématiquement à tenir compte des états d'âme de celui-ci, de son degré de fatigue ou de ses velléités poétiques ou esthétiques dans des sites qui, fréquemment, mériteraient d'être plus accessibles aux peintres. Pour moi, cette étude scientifique que d'aucuns considèrent austère et charabiesque, est ce qui peut emplir un lieu vide à première apparence, donner un langage à l'indicible, enrichir un espace, si pauvre soit-il au premier regard et, cela n'est pas contradictoire, autorise parfaitement l'imaginaire, voire aide à le développer.
Théodore Monod (1996) Majâbat Al-Koubrâ, Actes Sud, Terres d'aventure, page 16
18 mars 2008
Pointillés de lumière
Que sommes-nous? Navires qui passent l'un près de l'autre dans la nuit,
chacun avec la vie sur les lignes des vigies éclairées
Et chacun sachant de l'autre seulement qu'il y a là de la vie
et c'est tout.
Navires qui s'éloignent pointillés de lumière dans les ténèbres,
Chacun indécis et diminuant de chaque côté du noir.
Le reste est la nuit muette et le froid qui monte de la mer.
Sois le fanal, sois la lumière au creux du verre,
Mais garde ta chaleur.
Les vents ne pourront pas te harceler au point
D'éteindre ta lumière,
Et ta chaleur ne viendra pas, se dispersant, à être
Un froid de par l'inutile infini.
Fernando Pessoa, Oeuvres poétiques, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2001
26 février 2008
Asymptote
24 février 2008
Super Stareg!
23 février 2008
Trajectoire
Dans l'un des récits d'Italo Calvino intitulé "Jeux sans fin", les deux jeunes protagonistes jouaient une extraordinaire partie de billes au moyen d'atomes d'hydrogène :
"Comment était notre jeu ? C'est bien simple. L'espace étant courbe, nous faisions courir les atomes sur sa courbure, comme des billes, et celui qui envoyait son atome le plus loin avait gagné la partie. Pour lancer l'atome, il fallait bien calculer les effets, les trajectoires, il fallait savoir exploiter les champs magnétiques et les champs de gravitation, autrement la petite bille finissait en dehors de la piste et elle était éliminée."
Cliquez sur l'image pour recommencer la partie !
19 février 2008
Silence des globes
15 février 2008
Iconosphères...
17 janvier 2008
Sand - dance

Poème de Zéno Bianu, Fatigue de la lumière, Granit, 1991
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11 janvier 2008
Un astre, entre les herbes et le sable
Entends la mémoire du sang qui s'éteint, la longue
incohérence de la parole. Entends la terre taciturne.
Tout est furtif, les ombres inaccueillantes. Nul jardin
de secrets. Nulle patrie entre les herbes et le sable.
Mais où donc jaillissent l'ombre et la clarté ?
Voici les coteaux de la terre aride et noire. Qui
reconnaît l'équilibre des évidences sereines ?
Ces mots ont une odeur de portes souterraines.
Comment dominer la démesure de l'absence et le vertige ?
Comment rassembler l'obscur dans l'évidence des mots ?
Ecoute, écoute la longue incohérence de la terre
et de la parole. Tout au long de la distance
murmure la monotone perfection d'une mer.
Par oublieuse pudeur un astre se fait velours
d'un bleu profond dans la corolle du silence.
Antonio Ramos Rosa
07 septembre 2007
Les îles flottantes
Non, il ne s'agit point d'un dessert sucré et parfumé à la vanille ! L'image nous montre un jeu découvert en juillet dernier à la faveur d'une halte au souk de Wawizaght jolie bourgade située dans le haut Atlas central...
Le jeu consiste à lancer une piécette de vingt centimes (la monnaie locale est le dirham et un Euros vaut 11 dirhams par excès ou par défaut) sur les îles qui flottent dans la bassine remplie d'eau tout en espérant qu' elle va tomber juste sur l'une des rondelles et y adhérer ! En effet, après avoir observé les maintes tentatives des joueurs, je peux dire que cela s'apparente plus à un jeu de bataille navale car très souvent c'est "touché-coulé" ! Il y a 95 fois plus de pièces qui finissent au fond de la bassine que sur le dos lisse d'une île !
Quand l'entrepise est couronnée de succès, le gagnant tourne la rondelle pour évaluer le montant de son gain! Celui-ci est déterminé par le coefficient multiplificateur peint sur le dessous de la rondelle! Si le nombre inscrit est par exemple un 10, le gagnant empoche dix fois la valeur de la pièce jouée !
L'un des amis qui m'accompagnait s'est risqué au jeu! Eh bien, la pêche n'a pas été bonne !




















