26 avril 2009

Tiguemmat à tire-larigot

P1130054P1130055Après un superbe pti-déj. au gîte d'Ourthane, vos trois compères se sont levés d'un pied ferme pour aller rejoindre sur les hauteurs la source de Tiguemmat. Mais avant cela, Célou a voulu confectionner des bouquets de fleurs histoire de ramener un petit parfum de campagne à la maison...

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A mes yeux, ce qui caractérise Ourthane, c'est le chant continu de l'eau dans les rigoles et les séguias.  Partout où vous mènent vos pas, la douce et mélodieuse mélopée de l'eau  berce les cellules ciliées  de votre oreille interne! Plusieurs sources alimentent ce petit coin de nature. L'eau est amenée directement dans les parcelles à irriguer par des canaux qui s'insinuent à ciel ouvert mais discrètement dans le paysage...Tout le long de ces voies liquides, on peut voir des troupeaux de chèvres qui s'abreuvent ou de temps en temps une femme vaquant à sa corvée de lessive...Seules les araignées semblent ignorer ce réseau aquatique et se contenter de la précieuse rosée matinale qui se dépose et s'attarde sur leurs toiles!

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La source de Tiguemmat jaillit directement du flanc de la colline. On a aménagé un bassin de retenue (récemment restauré) à partir duquel partent dans plusieurs directions une multitude de canaux d'irrigation. Ce bassin comporte une large partie ombragée en raison des frondaisons de figuiers qui surplombent la source. Une colonie de fougères y a également élu domicile...

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L'eau limpide et fraîche a un débit important. Le clair-obscur qui règne sur le premier bassin et  le jeu des réflexions n'ont pas manqué de m'interpeller.

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A la surface de transition où l'eau calmement retenue franchit le mur du bassin pour se déverser avec précipitation dans les différents canaux, j'ai relevé un jeu de réverbération susceptible d'alimenter une réflexion sur le principe de la permanence de l'invariant au sein de l'infinie variation...Cliquez ici pour voir un diaporama à partir des différentes images de cette mosaïque.

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Cliquez sur les images pour les voir en grand





11 avril 2009

Allons souquer

Oui, je sais! Je viens avec ce titre de faire une double entorse au lexique et à l'orthographe du français! C'est qu'en arabe le vocable "souk" se prononce avec la consonne occlusive uvulaire non voisée [q] inconnue de la langue de Molière. En plus, c'est un terme que nous conjuguons comme un verbe ordinaire, là où le français recourt à l'expression "faire + x" (faire ses emplettes, faire son marché, faire son souk, faire les puces...etc.).

Bref, si vous êtes un jour à Azemmour et que vous ne répugnez pas aux bains de foules,  ne ratez sous aucun prétexte le grand souq hebdomadaire qui se tient tous les mardis. C'est un souq tout ce qu'il y a de populaire! Oubliez vos cartes bancaires et n'y cherchez pas le luxe, les vitrines scintillantes, les enseignes qui clignotent et les néons multicolores...C'est l'anti-grandes surfaces et autres hypermarchés clinquants de la société de sur-consommation!
Voici un petit échantillon d'images faites à la sauvette,  cadrages au pifomètre sans porter ostensiblement l'appareil à hauteur d'oeil...

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09 avril 2009

Flânons encore un peu...

P1120660P1120670Oui. Absolument. Prenons encore le temps de déambuler et de flâner dans les ruelles de cette petite cité attachante qu'est Azemmour. La lumière matinale est complice et il y a de la joie dans l'air. Les enfants sont encore en vacances. Et nous, nous avons encore une journée devant nous avant de rejoindre les hauteurs du moyen Atlas...
Depuis peu, Pierre est rentré au bercail. Un petit mélange d'images vous attend désormais dans son espace : ici

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P1120674Dès le petit matin, le petit peuple des marchands ambulants circule dans les ruelles. J'aime particulièrement le poissonnier. En raison du fait qu'il est également apprécié de tout un cortège attitré de chats  alléchés par l'odeur du poisson frais et qui traînent à proximité de sa charrette! Nous les croiserons plusieurs fois tout le long de notre chemin hasardeux!


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Moi, j'ai jeté mon dévolu sur un poisson stylisé que j'ai relevé sur une porte  noire couverte d'incisions. J'ai été également interpellé par un graffiti mural qui présente la particularité de transcrire en arabe le prénom de son auteur  (Hassan).

HassanCe dernier a  sciemment joué sur l'inversion du graphème de la consonne médiane  [s]. Cette astuce fait ressembler cette signature à une sorte d'animal (chat ou chien ?) qui traîne sur ses courtes pattes:

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P1120700P1120746Pour le reste, ce sont les enfants les véritables maîtres des rues : jeux multiples improvisés, curiosité aiguisée, courses incessantes et insouciance à toutes épreuves! Mais cette débordante joie de vivre  ne peut donner le change! On ne peut en les observant de près fermer les yeux sur la liste ouverte des manques dont souffrent ces jeunes des ruelles étroites...


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N'oubliez pas de cliquer sur chaque image pour la voir en grand

Dans la même veine, vous trouverez un diaporama sur les enfants d'Azemmour ici .

27 janvier 2009

Il n' y a pas de jnouns au Mgoun

carte_itineraire_randonnee_mgoun_RPour ce centième billet de photoeil, il m'a semblé opportun de mettre en ligne une petite sélection d'images d'une randonnée mémorable dans le Mgoun. C'est le deuxième sommet du haut Atlas central. Il culmine à 4068 mètres. Le massif du Mgoun offre au randonneur des paysages sauvages et variés. Les eaux de la rivière qui porte son nom ont taillé et creusé,au milieu d'impressionnantes parois vertigineuses, de profondes gorges. Nous étions un groupe constitué en grande majorité de photographes. Nous avions engagé un guide professionnel, un cuisinier et des muletiers. Nous avions choisi de faire une boucle de 10 jours de marche autour du Mgoun (afin de ne pas revenir sur nos pas). Nous avions opté dès le départ pour un parcours pieds dans l'eau. Mais il y avait quelques cols à franchir à notre menu. Point de départ: Tabbant. Point ultime du parcours en direction du sud: Bou Taghrar à 70 kilomètres de Qalaat Mgouna où a lieu début mai de chaque année le célèbre festival des roses.

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Si vous ne craignez pas les jnouns (= djinns), cliquez sur chaque image

J'ai mis le reste des images dans l'album Trek dans le Mgoun. Cet album sera étoffé par d'autres images au fur et à mesure que seront scannées les diapositives de cette randonnée.

Par la même occasion, j'ai rendu accessibles les images d'une autre virée dans l'Atlas : album Trek dans la Tassaout. Que demande le peuplier ?



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06 janvier 2009

Transitions héliographiques

Littéralement ou étymologiquement, la photographie est écriture avec la lumière. Dans certaines pratiques comme celles du Light Graffiti, le dispositif adopté maintient,dans un environnement sombre, l'appareil photo fixé sur un trépied et c'est à la faveur d'un long temps de pose que l'opérateur va essayer d'enregistrer des trainées lumineuses au moyen d'une lampe torche (cliquez sur le lien supra pour plus de détails). Les possibilités de cette technique sont infiniment amusantes et variées.
Dans la série d'images qui suit, ce dispositif classique est inversé: l'appareil photo est libre de toute attache, ce qui permet d'opérer à main levée. En revanche, la source lumineuse est fixe puisqu'il s'agit tout bonnement du soleil (au moment de son coucher).
Quand j'ai réalisé cette pellicule (film négatif), je n'ai pensé à aucun moment faire du Light Graffiti puisqu'il ne s'agissait pour moi que d'un exercice sans prétention qui s'inscrit dans la série expérimentale faite de manière aléatoire au moyen de la manivelle de rebobinage (petit rappel technique et diaporama du corpus disponible ici ). Il est certain qu'avec un peu plus de dextérité et de souplesse dans le mouvement, on puisse réaliser des oeuvres intéressantes! Alors, ça vous dit d'aller taquiner le soleil ?

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03 janvier 2009

Lumière sur Lumière

J'ai toujours aimé m'amuser en réservant sur un film quelques poses pour des surimpressions au moment de la prise de vue. Mais cet exercice ludique  qui n'exclut pas l'aléatoire vaut-il encore la peine quand on considère le nombre foisonnant de logiciels qui permettent de superposer toutes les images possibles et inimaginables ?
Je pense que oui. Car les contraintes et les possibilités sont différentes. Et le rendu final (grain, saturation des couleurs, illusion de profondeur...etc.) aussi.
Dans la série que je vous propose, j'ai disposé mon appareil argentique manuel sur trépied. J'ai opéré les réglages nécessaires pour répartir la lumière équitablement entre les deux images. J'ai ensuite procédé à la première prise de vue en faisant une mise au point nette. J'ai armé l'appareil sans faire avancer le film et effectué la seconde prise de vue tout en veillant à introduire beaucoup de flou (ouverture plus grande du diaphragme et manipulation de la bague des distances).
C'est cette variation sur le contraste net/flou entre les deux poses qui engendre cet effet de volume si particulier et que l'on désigne par "enveloppé" (perceptible des fois sur la ligne d'horizon et sur les sujets mouvants )...

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Cliquez sur chaque image pour la voir en grand

 

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13 juin 2008

Posséder, c'est perdre.

L'art nous délivre de façon illusoire, de cette chose sordide qu'est le fait d'exister...
En art, il n'y a pas de désillusion, car l'illusion s'est vue admise dès le début.
Le plaisir que l'art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler :
nous n'avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords...
Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d'un passage, le sourire offert à quelqu'un d'autre, le soleil couchant, le poème, l'univers objectif.

Posséder c'est perdre.

Sentir sans posséder, c'est conserver, parce que c'est extraire de chaque chose son essence.

Poème de Fernando Pessoa

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Le 13 juin 1888 naît à Lisbonne Fernando António Nogueira Pessoa.


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23 mars 2008

Couronne. Démocratie. Ecole...

Pour ce printemps de la poésie, j'ai choisi un florilège de courts poèmes d'un poète que je porte en mon coeur: Armand Monjo. Toutes ces pépites sont extraites de son recueil " Dires Brefs " publié en 1989 aux éditions Rougerie.
Les illustrations données en regard n'ont pas été faites de façon ad hoc pour prolonger l'écho de ces poèmes. Elles correspondent à un exercice sans autre prétention que ludique, sans aucune retouche numérique et sans signification particulière...Je me suis juste amusé avec trois papiers froissés récupérés dans la corbeille...

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Adieu

L'oiseau parti

la branche dit adieu

de la main

pfr2

Amants

Tristes amants

désaimantés

pfr5

Apprendre

Apprends du travailleur

l'économie du corps

de la danseuse

la liberté du corps

pfr4

Atlas

Lignes horizontales

sur le flanc de l'Atlas

chaque village s'inscrit

en écriture arabe

pfr6

Bonheur

Ne plus savoir

ce qu'il y aura après :

n'est-ce pas déjà

une approche du bonheur ?

pfr8

Bourgeons

L'arbre transi de froid

me regarde

de tous les petits yeux rouges

de ses bourgeons

pfr12

Contexture

Les nuances de verts

d'un olivier au repos

nous en apprennent plus

sur la contexture du monde

que le visage d'un banquier

en plein travail

Corbeaux

Mort je t'ai vue en plein été

implacable précise et lourde

dans un vol de corbeaux

Couleur

La couleur affirme et nie

la forme enlace

pfr21

Couronne

Sur la pierre

la plus déshéritée

la couronne royale

d'un lichen d'or

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Démocratie

Entre les vivants et les morts

pas question de démocratie

la majorité serait écrasante

Douceur

Sois doux avec les objets

ils te le rendront

pfr16

Ecole

Surtout ne pas faire école :

tout au plus inciter à la marche

mais chacun sa route

Imagination

Pauvre imagination

trop laissée en friche

Pauvres enfants privés

de l'école du rêve...

Fête

La fleur

est le jour de fête

de la plante

Graine

La graine

écarte ses barreaux

pour laisser s'évader

la vie

pfr17

Regards

Comme la paume de l'amant

sur le sein de l'aimée

posez votre regard

sur la peau du monde

Rouage

Entre dans la forêt

pour te sentir rouage

Science

La plus grande science

retarder la nuit

Sens unique

Rivière qui coule

amour qui passe

répètent que la vie

est à sens unique

pfr25

Seul

L'oiseau

ne chante jamais

pour lui seul

Silence

Méfie-toi du silence des oiseaux :

c'est qu'un épervier plane

Temps

Passé dépassé

futur intérieur

présent pressant

Victoire

Vois dans la moindre fleur

une victoire

sur tout le reste

Imagination

Il faut imaginaimer

pfr9

Nu

A la naissance

à l'amour

à la mort :

nu

Nuit

Les petits bruits

font la nuit immense

pfr13

Orateur

L'orateur rythmait

sa fanfare de mots

à grands coups de tsymboles

Oui

Des mots ronds

comme une bouche

qui dit Oui

pfr14

Pauvre

Vide qui ne sent pas

que tout est plein

pauvre qui ne voit pas

que tout est riche

Pessimisme

Pessimisme systématique :

alibi de paresse.

Supériorité

acquise au rabais.

Poésie

De la poésie

on n'a que la graine

Il faut du temps

de la terre et des larmes

Profit

Coupés de la vie

par l'obsession géométrique

du profit

Racines

Avec quelle économie de moyens

racines

vous faites éclater le roc !


***

Cliquez sur les images pour mieux les caresser du regard...




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09 mars 2008

Caftan ouvert du désir

caftanouvert

Cliquez sur le caftan pour l'ouvrir...

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01 mars 2008

Cosmogonie

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