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14 juillet 2007

La camisole des sources

regard_de_pierre

(...)

Troublé et réduit à l'impuissance

Comme un oiseau tombé dans l'eau

Je m'accroche aux boucles de mon ombre

bercé par les vents les appels de l'aube:

Je ramasse les larmes de la défaite

L'archipel du commencement m'assaillit

Je trébuche sur le bruissement des mousses.

Forêts de rubis, soldats,

Restes de crânes et sabots

Je grimpe sur le toit de mon ciel

A l'écoute des confessions des oiseaux exhalant

Leur tristesse dans les nues.

Peut-être leur voix reviendra-t-elle dans mon sommeil

Ou mon feu s'illuminera-t-il dans les rides de la parole

Alors nous volerons de concert

Vers cet être ravageant mon coeur comme un ouragan

Qui se transformera en murmures de mon sang

Me prendra au dépourvu

Et donnera aux poussières de la honte

Son visage égal aux diamants

Ses sourcils, résonance de la splendeur

Sa gorge, été exhalant des troupeaux d'étoiles

Ses doigts, lunes

Ajournant leur exil dans l'accolade

Je plie sous la charge d'une roue tissée de soie

Il dit:

Labourez mon corps

j'ai voué mes noms au cierge de la vallée sacrée

Et offert mes montagnes et mes lumières

Aux fruits de l'incendie.

O lubricité nue

Conduis-moi vers le radeau de conque

Pour qu'il me transporte au pôle des lanternes

Et couvre mon corps de bracelets magnétiques

A son contact mousseux.

Il me disperse en flammes et se perd

Dans les passages de cendres.

Le calice sanglote sur la table des repentis

Un bruit de fleuve m'entraîne vers sa dernière demeure

Où l'eau de cristal m'enveloppe de ses cils de neige

Les baisers s'éloignent laissant leurs échos dans les gorges

Nous parcourons le rivage de la blessure

Et nous tombons sur les pointes des lances

Nous reprisons la camisole des sources

Et le soleil des désirs

Nous nous multiplions dans les grottes de la solitude

Et la ville comme une îcone court derrière moi.

L'espace est une constellation

Le soleil une grenade qui replie ses franges au couchant

Et les conclusions, des cris muets dans les couloirs de cendres.

regard_de_rouille

Le poème est un nuage

Qui se pose sur mon épaule

Et il m'avale furtivement

Au bout de la route.

Driss Boudhiba, La Tristesse des herbes et des mots (en arabe)

Cet extrait du poète algérien Driss Boudhiba se trouve dans sa traduction française dans :  Le poème arabe moderne. Anthologie établie et présentée par Abdul Kader El Janabi et préfacée par Bernard Noêl, 1999, Maisonneuve & Larose.

Vous pouvez accéder à la totalité des poèmes de cet ouvrage en cliquant tout simplement ici

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8 juillet 2007

Petites notes sédatives du tilleul

Tilleuil

(...)

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin!

L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière;

Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -

A des parfums de vigne et des parfums de bière...

(Rimbaud, "Roman", oeuvres poétiques )

Tilleul_bis