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13 juillet 2012

La mosaïque d'Ourthane

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Le 6 juillet 2012, nous avons rejoint Ourthane sur les hauteurs du moyen Atlas. Retrouvailles  amicales et bien chal-heureuses au gîte d'Ourthane

Voici, pèle mêle et sans prétention artistique, une petite mosaïque d'images issue de nos promenades sous les couleurs dorées de l'été!

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Cliquez sur chaque image pour la voir en grand

 

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14 avril 2009

Remontée au-delà du fleuve

Quand on arrive de Tnine Chtouka sur Azemmour, on passe sur l'un des ponts qui surplombe l'Oum Errabie. Jolie carte postale incontestablement! La médina suit le lit de la rivière le long de la rive gauche et rappelle un peu (en moins faste) la kasbah des Oudayas de Rabat à l'embouchure du Bou Regreg. Cela dit, dans le cas d'Azemmour, cette berge est prolongée par une forêt ce qui confère un petit aspect sauvage au paysage. Cela n'est pas pour me déplaire. Voilà en partie et sans prétention artistique les images prises  durant ce parcours.

P1120249P1120246L'eau de la rivière était chargée d'écume baveuse qui prenait et évoquait d'étranges formes accentuées par leurs ombres. Est-ce un signe de pollution ?  Ou le fait de la marrée montante ? En tout cas, cela était photographiquement du plus bel effet!

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P1120270P1120268Vu de loin, le paysage aquatique est saisissant! Vu de près, le promeneur reste souvent consterné par les objets divers qui sont jetés sur les berges sablonneuses ou encore dans la forêt qui les jouxte. Bidons, pots de peinture, chaussures en fin de course, boites de conserve, cannettes métalliques, bouteilles en verre ou en plastique...etc.

Bref, cela s'apparente à une poubelle  tenue à ciel ouvert! De toute évidence, mes concitoyens n'ont pas encore la fibre écologique. Et de ce côté-là, ce n'est pas demain l'éveil...

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P1120295Arrivés en face du dragueur échoué, la plage se développe sur des kilomètres et des kilomètres! C'est Haouziyya. La route qui y mène est actuellement coupée pour raison de travaux. En effet, on y construit quelques horreurs en béton pour la classe fortunée avide de résidences secondaires. Adieu côte sauvage!

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Cette longue bande de sable nous emmène tout droit sur El Jadida qui n'échappe pas non plus au rouleau compresseur des réalisations touristiques de luxe...Nous avons consacré une petite visite à la cité portugaise.

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P1120544P1120542La promenade tout le long de la citadelle qui domine la mer demeure un moment privilégié pour celui qui visite El Jadida. C'est un site très apprécié par la population et par les jeunes. Les graffiti fleurissent pour mon plus grand plaisir! Mais des phénomènes d'érosion naturelle ajoutent un charme fou à ces murs. A ce jeu-là, les oeuvres du temps l'emportent haut la main sur  celles des Hommes...


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La citadelle offre également un point de vue imprenable sur le cimetière juif tout blanc  érigé à proximité de l'océan ainsi que sur les quartiers avoisinants.

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P1120614P1120613Flâner du côté habité de la citadelle révèle l'envers du décor! Le flâneur attentif à l'état des choses ne peut que constater impuissant et la rage au coeur le délabrement avancé des façades, des maisons, des ruelles...etc. Dommage, car cette belle vitrine touristique est bel et bien brisée.

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Cette image, à gauche, avec ses rectangles noires numérotés me rappelle que les élections arrivent au triple galop! Les partis politiques vont pouvoir laver leur linge sale! J'espère que ce sera l'occasion pour eux de se réveiller au moins une fois de leur torpeur légendaire pour s'occuper un peu de ces quartiers insalubres qui menacent ruine...




26 avril 2009

Tiguemmat à tire-larigot

P1130054P1130055Après un superbe pti-déj. au gîte d'Ourthane, vos trois compères se sont levés d'un pied ferme pour aller rejoindre sur les hauteurs la source de Tiguemmat. Mais avant cela, Célou a voulu confectionner des bouquets de fleurs histoire de ramener un petit parfum de campagne à la maison...

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A mes yeux, ce qui caractérise Ourthane, c'est le chant continu de l'eau dans les rigoles et les séguias.  Partout où vous mènent vos pas, la douce et mélodieuse mélopée de l'eau  berce les cellules ciliées  de votre oreille interne! Plusieurs sources alimentent ce petit coin de nature. L'eau est amenée directement dans les parcelles à irriguer par des canaux qui s'insinuent à ciel ouvert mais discrètement dans le paysage...Tout le long de ces voies liquides, on peut voir des troupeaux de chèvres qui s'abreuvent ou de temps en temps une femme vaquant à sa corvée de lessive...Seules les araignées semblent ignorer ce réseau aquatique et se contenter de la précieuse rosée matinale qui se dépose et s'attarde sur leurs toiles!

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La source de Tiguemmat jaillit directement du flanc de la colline. On a aménagé un bassin de retenue (récemment restauré) à partir duquel partent dans plusieurs directions une multitude de canaux d'irrigation. Ce bassin comporte une large partie ombragée en raison des frondaisons de figuiers qui surplombent la source. Une colonie de fougères y a également élu domicile...

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L'eau limpide et fraîche a un débit important. Le clair-obscur qui règne sur le premier bassin et  le jeu des réflexions n'ont pas manqué de m'interpeller.

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A la surface de transition où l'eau calmement retenue franchit le mur du bassin pour se déverser avec précipitation dans les différents canaux, j'ai relevé un jeu de réverbération susceptible d'alimenter une réflexion sur le principe de la permanence de l'invariant au sein de l'infinie variation...Cliquez ici pour voir un diaporama à partir des différentes images de cette mosaïque.

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Cliquez sur les images pour les voir en grand




30 septembre 2009

La chimère marine

Le destin frissonne sur les mers
Les anneaux de la légende se brisent
et voici les précipices
Laisse-nous alors semer nos rives de coquillages
amarrer notre arche sur Sannine*
Laisse-nous foudroyer la chimère marine
ô maître de la légende

Et lorsqu'au départ du soleil quittant la ville
les cloches et la route sangloteront
réveille pour nous, ô flamme du tonnerre sur les collines
réveille pour nous le Phénix

Nous acclamerons la vision de son feu triste
avant le matin, avant qu'elle ne soit dite
Nous porterons ses yeux tout le long du chemin
au retour du soleil sur la ville

Le retour de soleil, poème d'Adonis.(*Sannine = montagne du Liban)

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9 novembre 2009

Un week end à Ourthane I

Le vendredi 6 novembre était férié. Une aubaine pour allonger le week end et partir un peu en vadrouille. En raison de la pluie, nous avons délaissé le Rif pour le moyen Atlas. Nous avons opté pour Ourthane, histoire de revoir un peu nos amis. Pendant tout le séjour, le beau temps était propice à la randonnée. Toute la journée du samedi a été réservée pour crapaüter d'une crête à l'autre...Mais nous n'étions pas les seuls ! Le vendredi dans l'après midi, juste après notre arrivée, un groupe composé de 23 personnes a débarqué au gîte.  Pour les accueillir, on avait dressé la tente et les tapis berbères.

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Ce groupe fort sympathique est constitué des membres de l'association Maroc Nature et Culture, une ONG active depuis le 28 octobre 1998.
Pour ce qui nous concerne, nous avons élu refuge dans la remorque qui trône dans un écrin de verdure, agrémenté de vigne grimpante et de passiflore!

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A gauche de cette caravane, se trouve un atelier avec dans un coin un tableau rescapé de je ne sais quelle guerre scolaire et qui indique la pluviométrie enregistrée tout le long de l'année dans le secteur :

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Non loin de là, Rex, comme à son habitude, monte la garde! Disons plutôt que les deux taches blanches au niveau de ses yeux sont parfaites pour donner le change!

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P1170975Après la traditionnelle cérémonie du thé, le soleil commençait à décliner. Je suis sorti à ce moment-là jeter un petit coup d'oeil à l'extérieur et profiter de la lumière du couchant qui baignait les alentours immédiats du gîte qui se distinguent par la présence de quelques trembles majestueux!

Chez les voisins d'en face, un mulet était attaché à proximité de sacs bleus et de bottes de pailles couvertes d'un large plastique.

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En regardant du côté de l'allée plantée de figuiers de barbarie, j'ai constaté que les mêmes sacs servaient à renforcer la palissade d'une maison. Pour moi, c'était incontestablement le clou de la soirée au sens esthétique du terme:

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Après une telle  moisson lumineuse, je suis retourné au gîte. Mouna et son équipe s'affairaient du côté des cuisines pour allumer le feu et faire cuire les tagines d'agneau aux cardons sauvages...

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P1170997En attendant le dîner, nous avons eu droit, tout en profitant d'un bon feu de cheminée,  à un diaporama consacré aux visages et paysages de l'Atlas concocté par Houssa le maître des lieux! Après cette première projection, c'était à Zineb, la présidente de l'association de prendre la relève pour visualiser des images réalisées durant des randonnées effectuées par le groupe dans différentes régions du Maroc!

Après le dîner, nous avons fixé le parcours de la randonnée collective du samedi. Mais comme c'est un autre jour, la suite sera donnée dans un prochain billet!...

 

 


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24 novembre 2009

Un week end à Ourthane (suite)

Après un réveil matinal et un petit déjeuner copieux (délicieux miel de caroubier !) la randonnée a commencé. De petits groupes se sont formés et chacun  a pu évoluer  à sa guise et à son propre rythme. Arrêts fréquents pour discuter botanique, géologie, ornithologie ou tout bonnement  photographie...ou encore pour visiter les grottes  qui jalonnent fréquemment le parcours. Avant de traverser le gué de la rivière qui permet de rejoindre une autre vallée, nous avons pique niqué. Quand nous avons repris notre randonnée, nous avons agrémenté notre dessert en cueillant les savoureux fruits des arbousiers!

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3 décembre 2012

A Fès, il y a photo

Dans le cadre de la Saison Culturelle France-Maroc 2012, l’Institut français de Fès présente du 8 au 31 décembre 2012 la 6 ème édition des Rencontres Internationales de la Photo de Fès sous le titre

Maroc: in and out

 

Calligraphie Photo Thami Benkirane Le lion de l'Atlas, Photo Thami Benkirane Madone à l'enfant Pleine lune, photo Thami Benkirane

Cliquez sur chaque image pour la voir en grand

Les différentes expositions seront visibles dans plusieurs espaces situés en ville nouvelle ou dans la médina: 

- Galerie de l’Institut de Fès

 - Galerie Kacimi

 - Musée Batha

 - Annexe Dar Batha de l'institut français

 - Le Jardin des Biehn

 - Complexe Culturel Sidi Mohammed Ben Youssef

 Simon Edwards, le Commissaire de cette sixième édition, présente  en ces termes cette importante manifestation dédiée à l'image:

 "Dans un monde où il est très rare de découvrir encore des endroits secrets ou cachés, la photographie peut jouer un rôle de révélateur.
Cette année, Les Rencontres Internationales de la Photo de Fès témoignent de ce besoin du photographe de pousser des portes, d’aller plus loin afin de découvrir la face cachée des choses ou des êtres.
Scarlett Coten, personnalité flamboyante, nous livre, pour une femme européenne qui débarque l’appareil en bandoulière, la vision d’un Maroc inattendu - celui du monde des hommes.
Jean-Christophe Ballot, lui, après des années de voyages photographiques autour du monde, traverse la ville de Fès avec un regard de poète. Il pénètre l’intimité de cette ville médiévale et nous propose une réflexion sur les correspondances que peuvent entretenir l’image et l’écriture. Tout comme le «Fès Invisible» d’Omar Chennafi qui nous révèle la double identité de cette ville mystérieuse, si sobre vue de la rue et si colorée une fois les portes franchies.
Enfin, découvrir la création de l’art vidéo aujourd’hui en déambulant dans les rues de la médina est une manière de lier histoire et modernité. Face à la mémoire des lieux, le choix de vidéos opéré dans la collection de la Maison Européenne de la Photographie illustre les thèmes les plus actuels: le rôle des femmes dans la société, la violence des conflits humains ou encore l’onirique et l’irrationnel qui surgissent parfois dans la vie de tous les jours."

 Par ailleurs, voici la liste des participants annoncés :

Jean-Luc Monterosso Parrain de cette édition et commissaire
Simon Edwards Commissaire
Jean-Christophe Ballot Photographe
Scarlett Coten Photographe
Megumi Matsubara Photographe
Omar Chennafi Photographe

Pour accéder au programme détaillé de cette maniFEStation, cliquez ici

 

 

 

 

 

 

18 avril 2009

Réussite et mariage

P1120773P1120777Fin du séjour sur la côte atlantique! Nous avons  (Pierre, Célou et moi) levé l'ancre pour rejoindre les hauteurs du moyen Atlas. Tout le long des routes, à l'intérieur des terres, la nature explosait de mille couleurs à la faveur d'un printemps exceptionnel! Comme vous l'imaginez, les arrêts photos étaient nombreux!

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En fin d'après-midi, nous sommes passés par la petite localité de Bejaad qui se caractérise sur les plans culturel et cultuel par la tenue annuelle de son célèbre moussem consacré à son saint patron : "Des siècles durant, à l'occasion du moussem annuel de Bouabid Charki, des pèlerins issus de toutes les régions du Maroc y affluent en masse. En parallèle, mausolées et mosquées s'y multiplient à vue d'œil, à tel point que chaque ruelle abrite le tombeau de tel ou tel autre fils, descendant ou proche de Bouabid Charki. Une inflation de saints qui confine parfois au burlesque. Surtout lorsque l'on sait que même Sidi Othmane, le coiffeur personnel de Bouabid Charki, dispose de son propre mausolée. Telle est Bejaâd, une ville où le sacré est omniprésent, à chaque coin de ruelle et finalement au centre de la vie de ses habitants. Mais au-delà de ce mysticisme souvent envahissant, Bejaâd est également un centre culturel important. Dès sa création, la ville de Bouabid Charki se dote en effet d'une multitude de médersas qui fournissent au Maroc quelques-uns de ses plus éminents oulémas." (Source Tel quel. Lire la suite ici )
Nous avons été tout de suite attirés par la magie d'une lumière qui n'allait pas tarder à devenir chatoyante et qui magnifiait une constellation de mausolées et de marabouts.

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Une fois que nous avons regagné l'intérieur de ce site, mon attention fut attirée par le mausolée de Lâlla Oum Saâd. Sur le mur qui en constitue l'enceinte, les femmes ont inscrit avec du henné, couche après couche, à la manière d'un palimpseste,  tout un chapelet de voeux qui tournent grosso modo autour du mariage, du succès scolaire ou de la réussite dans la vie...etc. Cela me rappelle un peu les ex-voto suspendus dans certaines chapelles. Mais pour l'occasion, je n'ai que ces ex-fotos à vous offrir!


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Cliquez sur les images pour réaliser vos voeux!


19 novembre 2011

Aït Daoud

P1300444P1300448A la faveur des dernières vacances du mois de novembre 2011, nous avons fait une virée sur les hauteurs de l'Atlas du côté des aït Daoud. Nous avons séjourné au gîte qui porte le même nom (voir image à droite). Nous avons été enchantés par la qualité de l'accueil de Saïd le gérant et de son équipe, par le confort et la propreté des chambres et par la gentillesse des gens que nous avons rencontrés lors de nos balades dans les environs ou dans les villages avoisinants (Imn tlite...etc.). A vrai dire, nous avons trouvé la région (architecture, cultures, travail des champs,  vie dans les villages, paysages...etc.) rudement belle!  Les arrêts photos ont été nombreux! Indéniablement, c'est un coup de coeur !

P1300438ll faut signaler également que désormais, une route parfaitement carrossable,mène tout droit jusqu'au gîte et bien au-delà vers Imilchil !

 

Vu de loin, le gîte Aït Daoud trône sur le paysage comme un vaisseau majestueux !

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Depuis sa vaste cour intérieure, à tribord,voici les paysages qui se déroulent  devant nos yeux (la lumière varie en fonction du moment de la prise de vue):

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Cliquez sur chaque image pour la voir en grand

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A babord, la vue nous plonge vers le village et ses habitations traditionnelles  encadrées par l'ocre dominant des falaises et vers l'écrin des champs ponctués de  la silhouette élancée de peupliers qui arborent avec majesté une robe d'un jaune éclatant!

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Côté proue de notre vaisseau, il y a d'abord la vue qui plonge vers un cimetière d'une beauté sans fioritures à couper le souffle!

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Plus en contre-bas, s'étendent les parcelles des champs et les maigres cultures synonymes du labeur acharné des hommes. Tout en épousant les flancs des collines, les habitations s'élèvent avec sobriété. On relève par-ci par-là quelques coquetteries dans la vive couleur crue d'une porte ou  dans l'encadrement souligné d'une fenêtre!

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P1000373Le soir venu et après une longue journée riche dans tous les sens du terme, nous avons dîné et passé quelques moments agréables à lire au coin du feu! Le lendemain, nous avons décidé d'aller voir de près la mine de sel. Il s'agit d'une exploitation gérée de façon archaïque par trois douars. L'extraction du sel  à une douzaine de mètres de profondeur se fait au pic. Le sel est remonté à la surface à dos d'homme avant d'être chargé sur un âne ou un mulet. Sur la piste qui y mène, nous avons observé une grande activité pastorale et rencontré plusieurs troupeaux de moutons et de chèvres qui suivent la canalisation d'eau dans un décor  à la fois aride , sauvage et haut en couleurs!

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P1300530Voilà! Nous pensons que les images sont d'une éloquence qui ne manque pas de sel ! Sous le charme, nous avons décidé de revenir en avril avec des amis pour mieux découvrir  cette contrée fort attachante! Au-delà d'Aït Daoud, la route continue de plus belle: voir ici .




 

 

 

 

 

26 avril 2014

Le dôme d'Ourthane

dome-P1200670Pour ces vacances d'avril 2014, rendez-vous a été pris avec la famille S. sur les hauteurs du moyen Atlas pour fêter nos retrouvailles du printemps au gîte d'Ourthane. Pour nous qui sommes des habitués de ce lieu d'accueil, une surprise de taille :

au coeur du verger, à l'endroit où se dressait une tente berbère s'élève désormais un dôme végétal ( roseaux, chaume d'épeautre et torchis) discrètement monté sur pilotis. Sa forme hexagonale (cliquez ici pour voir la charpente qui sous-tend l'ouvrage) permet une distribution circulaire du paysage verdoyant alentour: figuiers, oliviers, grenadiers, avocatiers, colline d'agaves, trembles tutélaires...etc. C'est justement là que le rossignol philomèle (luscinia megarhynchos) a élu refuge pour nous enchanter jour et nuit de son chant puissant et mélodieux!

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4 novembre 2012

Cueillettes d'automne1

Pour fuir l'ambiance urbaine sang pour sang stressante de la dé-fête des moutons, je me suis réfugié sur les hauteurs du moyen Atlas. En dépit d'un temps placé sous les auspices de la pluie, les éclaircies ne manquaient pas et les sorties balades se faisaient pratiquement tous les jours sous le charme indéniable de la lumière automnale. La cueillette, fort abondante, est à suivre dans les prochains épisodes.

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8 mars 2009

Virée dans le haut Atlas: épisode 3

P1110500P1110501Nous sommes arrivés dans la vallée d'Amellago au milieu de l'après midi du 28 février. Nous  avons dépassé le village d'Ayt Ayyoub (situé à peu près à 4 kilomètres à l'ouest d'Amellago) afin de bénéficier des derniers rayons du soleil pour effectuer les premiers repérages photographiques dans le canyon qui enserre l'oued Gheris. A la tombée du jour, nous avons rebroussé chemin pour rejoindre le gîte de Moha Ousri. Accueil chaleureux comme il se doit. Il y avait une dizaine d'allemands qui finissaient de décharger les porte-bagages de leurs vélos mais pas un seul touriste marocain en vue...
Après un savoureux dîner composé d'une inoubliable soupe aux légumes (avec des fèves fraîches entre autres) et un tagine...etc., nous avons rejoint nos chambres respectives afin de nous mettre au lit car notre décision était prise de nous réveiller avant le lever du soleil.

Au réveil, nous avons commencé par monter sur la terrasse du gîte pour apprécier les environs :

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Entre temps, Moha nous avait préparé un peu de café chaud. A peine le breuvage noir avalé, nous nous sommes précipités pour aller nous perdre le long des séguias,  des berges de la rivière, des vergers et des arbres fruitiers en fleurs...

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Comme on le voit sur la dernière image, les villageois ont placé des sacs remplis de gravier et de sable afin de permettre le franchissement de la  rivière d'une berge à l'autre. Ce système est communément adopté dans toute la région.

P1110479Le soleil gagnant en altitude, nous avons décidé de remonter vers le gîte afin de prendre notre petit déjeuner et de décider de la suite de notre périple. Mais avant cela, nous avons fait un dernier tour du côté des habitations. A ma grande surprise, j'ai relevé que les portes étaient encore dotées de serrures en bois. Cela n'a pas manqué de me rappeler celles que j'ai connues dans la maison de mon grand père maternel dans le pré-Rif. Cela dit, de plus en plus d'habitation optent pour des portes en fer avec une serrure métallique. Dans le secteur des activités artisanales, les ferronniers ne chôment pas dans leurs ateliers.

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De retour au gîte, Moha nous a prévenu que des intempéries violentes étaient prévues sur le secteur en fin de journée. Cela a précipité notre décision de rejoindre  par la piste et à la faveur du beau temps Imilchil...

Mais en attendant le prochain épisode, je vous sers à voir quelques images du gîte :

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Cliquez sur chaque image pour la voir en grand.

P.S.: L'ouverture du  lien vers le gîte  me semblant incertaine, je vous indique le téléphone (00212 535589794) et le GSM (00212 671937757 ) et l'adresse mail du gérant : moha2_ousri@yahoo.fr ou encore : mohatje@hotmail.com



31 mai 2010

Tu as dit "désert" ou "désir " ?

Le numéro 10 du web magazine photo Purpose est au rendez-vous avec le printemps et annonce même un été bien chaud avec sa thématique consacrée au désir :

"Corps parfaits, vêtements et accessoires à la mode, destinations idylliques, objets technologiques "indispensables"… Partout l'étalage de la marchandise. Il existe toujours une solution pour satisfaire chacune de nos envies et nous désirons posséder toujours plus, égoïstement ; la volonté de jouissance immédiate et l'individualisme déshumanisent notre relation à l'autre.    

Le désir, est-ce véritablement cela ? Avec ce numéro de purpose, nous avons essayé de l'envisager autrement, comme une forme de résistance à la marchandisation du monde.

Se préoccuper de l'être avant l'avoir, savoir prendre son temps et même le perdre, être assoiffé de découvertes, s'émerveiller, aimer et rêver… Le désir peut être tout cela, et ce qui pousse le photographe à photographier n'est pas tellement différent : explorer des territoires méconnus, surmonter la peur, être patient, donner un visage à l'autre…

La culture du désir contre la tyrannie de l'envie : les choses ne sont pas si simples ! En chacun de nous, sentiments, pulsions et idées sont inextricablement emmêlés ; il n'existe pas de frontières bien nettes entre les différentes facettes de l'être humain.

Dans les treize portfolios que nous avons réunis, la complexité et la variété du désir sont à l'œuvre, à travers les sujets abordés mais aussi dans les manières de photographier. Nos obsessions et celles des photographes sont les mêmes. Désir de rencontrer l'autre et de découvrir les corps ; désir de braver les interdits, d'être libre et sans tabous ; désir inassouvissable de retrouver l'être cher disparu ou de remonter le temps ; désir de vivre autrement et d'être soi-même, désir de nature, d'horizon et de lumière…"

Au sommaire de ce numéro:

Kohei Yoshiyuki  The Park
Katherine Wolkoff
        Family / Deerbeds
Jen Davis
        Self-Portraits
Nobuyoshi Araki
        Sentimental Journey / Winter Journey
Marisa Portolese
  Imagined Paradise
Jean-Christian Bourcart
  Forbidden City + entretien / interview
Romain Courtemanche
  De la sueur et des fruits
Todd Hido
  I drive, I drive a lot
Mark Ruwedel
Westward the Course of Empire
Robert Adams
  Time Passes
von Gloeden &  von Plüschow
  Hors d'atteinte
Anonymes / Anonymous
  Nus, au soleil
Leonie Purchas
  Autonomy: The Cariou Family

   

Musique de / music by Seijiro Murayama

Si vous le désirez, une bonne dizaine de portfolios sont à visualiser d'un simple clic sur l'image qui suit!

Purpose_10_D_sir



16 juin 2012

La mécanique cantique

O rage. Désormais la ville très mûre de ses plaies

nous enseignera

un culte nouveau.

Mais diront les hommes: sable!

où mènes-tu nos esprits d'hommes insoumis et

fragiles

là-bas aux confins des fanges

ou à l'arrachement des sèves de la terre ?

Et suffira-t-il pour nous de dérouler nos yeux sur le

dos du désert

ouvertures-auberge

pour que naissent à nos bras nos actes

à venir ?

Hélas! dira-t-il.

fnêtre-muraille-kasbah

Aux munitieux rugissement du désert s'élèveront

nos mains

et nos mains oscilleront

sous les rafales du vent

de toutes parts ce seront nos gestes et invocations

jusqu'au dernier ronflement du vent.

Hélas! dira le sable.

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Car suffirait-il aux hommes

de dérouler longuement leurs yeux sur le désert

luisant et versatile

suppliant

invoquant pour que leur soit fait don de l'acte?

Leurs doigts seront greffés au sable et leur front

obstruant

la transe du vent, car

qui seront-ils dans le désert ?

Hommes sans signes sans patronymes; hommes

de toutes saisons que tes siroccos

modèleront.

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Qui seront-ils dans le ventre du désert ?

-vers des cloaques vagissant sous les fouets du

Vent! -Alors,

qui seront-ils à l'épreuve du désert ?

Hommes sans noms sans liens hommes de toutes

saisons que tes cherguis

modèleront.

Extraits du recueil poétique de Rachid Khaless (2004), Cantiques du désert, L'Harmattan.

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Cliquez sur chaque image pour la voir en grand

 

11 avril 2009

Allons souquer

Oui, je sais! Je viens avec ce titre de faire une double entorse au lexique et à l'orthographe du français! C'est qu'en arabe le vocable "souk" se prononce avec la consonne occlusive uvulaire non voisée [q] inconnue de la langue de Molière. En plus, c'est un terme que nous conjuguons comme un verbe ordinaire, là où le français recourt à l'expression "faire + x" (faire ses emplettes, faire son marché, faire son souk, faire les puces...etc.).

Bref, si vous êtes un jour à Azemmour et que vous ne répugnez pas aux bains de foules,  ne ratez sous aucun prétexte le grand souq hebdomadaire qui se tient tous les mardis. C'est un souq tout ce qu'il y a de populaire! Oubliez vos cartes bancaires et n'y cherchez pas le luxe, les vitrines scintillantes, les enseignes qui clignotent et les néons multicolores...C'est l'anti-grandes surfaces et autres hypermarchés clinquants de la société de sur-consommation!
Voici un petit échantillon d'images faites à la sauvette,  cadrages au pifomètre sans porter ostensiblement l'appareil à hauteur d'oeil...

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16 mai 2009

Matin désert

malouma_dunyaUne voix féminine venue de Mauritanie! A découvrir et à déguster sans restrictions! J'aime particulièrement  cet album Dunya sorti en 2002 , probablement en raison de son métissage musical qui déborde les canons du répertoire traditionnel (Sur Deezer, écoutez entre autres Mahma el houb)

En cliquant sur l'image à gauche, vous pouvez en savoir davantage sur cette artiste et découvrir l'ampleur de son talent!

En tout cas, un coup de coeur pour moi!

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1 octobre 2009

Balade photographique dans le monde du travail

Le numéro 9 du web magazine Purpose vient de sortir. Il est consacré au monde du travail. L'argumentaire de ce numéro est le suivant :  

 Dans toute société le travail est un sujet de préoccupation majeur. Il occupe une place prépondérante dans la vie d’un homme, il en détermine en partie l’identité, il en structure l'existence.

Bien que le travail soit un lien social reconnu universellement, souvent nos différentes professions nous séparent. Lorsque quelqu’un nous parle de son travail, de ses difficultés ou de son plaisir à travailler, nous avons du mal à le comprendre et à partager son vécu si nous n’exerçons pas le même travail que lui. Absorbés par nos occupations professionnelles, nous connaissons mal le travail des "autres" et nous nous interrogeons peu.

 Pour sortir de cette indifférence, les témoignages des photographes, des cinéastes, des artistes, des poètes ou des écrivains sont nécessaires.  

Les séries photographiques présentées dans le neuvième numéro de purpose nous plongent dans l’univers du travail d’hier et d’aujourd’hui. Elles nous ouvrent les portes des bureaux, des usines, des entreprises, des hôpitaux, nous montrent les coulisses des magasins, des supermarchés… qui d’habitude sont des lieux privés et inaccessibles. Les photographies nous permettent de voir qu’au gré des évolutions technologiques et économiques, les formes du travail changent, que de nouvelles conditions modifient notre rapport au travail : gestes et postures s’adaptent aux nouveaux équipements et aux nouvelles machines.

 Attentifs au monde du travail, les photographes essaient d’en comprendre le fonctionnement : ils sont fascinés par la répétition des gestes ou par la figure du travailleur, certains s’intéressent plus à l’environnement, d’autres donnent du travail une image plus critique.  

La profusion d’images publicitaires, de recettes pour vivre mieux, d’images au service de la communication, participe à une frustration quotidienne. Travailler plus pour gagner plus pour consommer plus ? Faire tourner l'économie au profit de qui ? S'interroger sur le sens de notre travail revient à s'interroger sur le sens de notre existence…

 Photographier le monde du travail est essentiel : cela nous aide à comprendre que travailler ne signifie pas seulement gagner de l’argent. Derrière chaque travail il y a des hommes, il y a un monde fait de relations et de sentiments : l’amitié, la haine, le respect, la soumission, la solidarité, l’ennui, le stress, le bonheur, le courage, la peine…  

Photographier le monde du travail, c'est lui rendre hommage, s’opposer à sa déshumanisation, sa dévalorisation, et lutter contre l’instrumentalisation des individus.

 

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Pour feuilleter ce magazine, cliquez sur l'image une première fois,

et une fois sur la page d'accueil du webmag, recliquez


La liste des photographes qui ont participé à ce numéro est:

Robert Doisneau  Travailleurs
        Maurice Broomfield  Industry
        Lee Friedlander  At Work
        Brian Ulrich  Copia
        Nigel Shafran  Supermarket checkouts / Supermarket portraits
        David Moore  Office
        Darin Mickey  Stuff I Gotta Remember Not to Forget
        Emmanuelle Léonard  Les Travailleurs
        Barbara Pellerin  Barentin, 76, rue Auguste Badin
        Anne Favret & Patrick Manez  Chambre avec vues
        Thomas Kneubühler  Absence
        Gérard Dalla Santa  Gestes
        David Mozziconacci  Nyc (Not Yet Completed) - Récupération
        Henk Wildschut  Shelters
      Raphaël Dallaporta & Ondine Millot

 

La musique qui accompagne les images est de :

musique de / music by Eric Cordier, Jim Meneses,
        Alva Noto, Francesco Cavaliere, David Smith

 

 





 

 

14 juin 2011

Kasbah de Taferdouste

P1270478P1270481Dimanche dernier (12 juin 2011), nous avons effectué en partance de Fès, une virée vers la région de Boulemane dans le moyen Atlas. Notre but était de découvrir le site de la kasbah de Taferdouste. Nous avons donc emprunté la route de Sefrou. Cette localité distante de 25 kilomètres de la cité idrisside était en train de se préparer pour la fête annuelle des cerises! Tout le long de notre parcours, le paysage changeait continuellement! Un premier arrêt dicté par une ferme en ruine! Sur l'une de ses façades, des tags et des graffitis. Un instrument de musique à cordes (un guenbri ou un wtar) peint en noir attire musicalement le regard depuis la route!

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P1270505P1270510Sur ces hauteurs relatives, le printemps, à notre grande surprise, semblait s'attarder! Des parterres entiers de fleurs mauves s'étendaient devant nos yeux et les coquelicots faisaient à leur manière de la résistance !  A  telle enseigne que certaines d'entre nous ont vite succombé à la tentation de  confectionner un bouquet!

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Une fois dépassée la petite localité de Boulemane, nous nous sommes engagés dans une petite route (Skoura-M'daz) étroite et tortueuse qui longe les méandres d'un cours d'eau qui a creusé et aménagé son lit dans un cadre à la fois rude et grandiose! Les passages à gué étaient nombreux et des pans entiers de la route avaient été endommagés ou  emportés par les derniers orages.

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P1270532Cette présence de l'eau s'alliait avec les lauriers roses et les agaves en fleurs pour apporter une note de douceur aux accents sauvages du paysage.A un détour de la route, il y avait un rocher vertical (et comme taillé exprès) qui comportait plusieurs graffitis en caractères latins ou tifinaghs. C'est là qu'il faut se garer car juste derrière, on découvre un point de vue imprenable sur la kasbah de Taferdouste  (Latitude : 33.46667, Longitude : -4.65000)

De l'avis général, c'est un site magnifique qui mérite le détour! Un séjour plus long est désormais programmé pour une plus ample découverte!

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8 février 2011

La kasba de Boulaouane

P1240698Fin janvier, petite virée à la kasba de Boulaouane qui se trouve dans la région des Doukkala, entre grosso modo El Jadida et Settat. A l'arrivée, après le franchissement de la plaine verdoyante des  Ouled Frej, il faut bifurquer vers la gauche dans la direction d'Imfout. La route sinueuse finit par arriver sur un plateau où l'on aperçoit, haut perchée, la muraille imposante du fort qui domine les méandres de la rivière d'Oum er-Rabiâ. De ce château fort construit en 1710, il ne reste pas grand chose! Tout n'est pratiquement que ruine et désolation. Voilà donc encore et encore un patrimoine qui fout le camp, tombe en poussière et sombre  désespérément dans l'oubli...sans que les autorités tutélaires remuent le moindre petit doigt!

Pour plus d'images sur cette kasba, je vous invite à visualiser ce diaporama

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16 juin 2007

La dolce vita

Aujourd'hui, je vous sers un poème issu des chansons à boire (Khamriyyât) d'Abû-Nuwâs, né vers 757 de l'ère chrétienne dans le sud-Ouest de l'Iran actuel pas loin de la frontière avec l'Irak, mort à Bagdad vers 815 et contemporain de Charlemagne...

Ce qui a fondé sa réputation, c'est sa poésie bachique et érotique. Ses poèmes chantent, entre autres, la joie de vivre et laissent transparaître un caractère de jouisseur et de libertin. Ce grand poète maudit a laissé derrière lui la réputation d'un incorrigible ivrogne et d'un homosexuel notoire...

Laisse le vent du Sud disperser la poussière

des campements détruits par le malheur des temps!

Mais au rude chameau laisse un arpent de terre,

pour qu'il puisse trotter dessus tout son content!

Là ne poussent que l'acacia et l'arbre à soie

et l'hyène et le chacal sont gibier de misère.

Des Bédouins, n'attends pas d'agrément,

quel qu'il soit,

car leur vie est aride comme le désert.

Laisse-les se nourrir du lait de bêtes maigres,

puisque, à leurs yeux, c'est le meilleur des aliments.

Et, lorsque le lait frais a tourné au lait aigre,

tu peux pisser dessus, sans inconvénient.

Mieux vaut un vin clairet, si agréable à boire

-courtoisement servi par un bel échanson-,

surtout s'il a longtemps mûri dans une jarre:

sans le secours du feu, on obtient sa cuisson.

Ce bon vin, on dirait qu'il gronde dans la jarre,

comme un curé qui marmonne devant la croix.

Tu le prendras des mains d'un garçon nasillard:

d'un petit de gazelle on reconnaît la voix.

Il a appris son art des soins de sa nourrice

et il s'épanouit, coquet et parfumé.

Quand il marche, on peut voir la lourdeur

de ses cuisses

et sa tunique se soulève à point nommé.

Qu'on lui donne du vin, pour qu'il se laisse faire

et dénoue, en jouant, ses pantalons bouffants.

Lors, prends-le dans tes bras, et tu seras content

de constater qu'il a tout ce qu'il faut pour plaire.

Ca, c'est la vie! Et c'est loin des tentes nomades...

C'est ça, la vie, et ce n'est pas boire du lait.

Qu'est le désert, auprès d'un merveilleux palais,

ou l'enclos à moutons -auprès des esplanades ?

Dame Censure, tu voulais me convertir ?

Désolé! Je ne tiens pas à me repentir...

Abû -Nuwâs (1998)Le vin, le vent, la vie. Actes Sud.

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12 mai 2007

Vide

Le vide n'est pas un jeu de l'esprit

mais l'espace précis où il mène ce jeu

Comment être quelque chose qui vibre

sans un corps à son terme appréhendé ?

C

L'esprit retenu par la crainte

tremble, recule face à l'abîme

qui plein de sens menace

et crispe et capture le facile vertige.

D

Mauvais défi que celui du Néant

qui feint de ne pas être en étant le début

et simule le vide en son maintien de l'être.

Victor Pozanco

E

13 juin 2008

Posséder, c'est perdre.

L'art nous délivre de façon illusoire, de cette chose sordide qu'est le fait d'exister...
En art, il n'y a pas de désillusion, car l'illusion s'est vue admise dès le début.
Le plaisir que l'art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler :
nous n'avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords...
Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d'un passage, le sourire offert à quelqu'un d'autre, le soleil couchant, le poème, l'univers objectif.

Posséder c'est perdre.

Sentir sans posséder, c'est conserver, parce que c'est extraire de chaque chose son essence.

Poème de Fernando Pessoa

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Le 13 juin 1888 naît à Lisbonne Fernando António Nogueira Pessoa.


26 janvier 2009

Le café du thé

fruitsPour le retour, nous avions préparé un petit sac pour les fruits, un autre pour les sandwichs afin de pique niquer sur la route. Mais il soufflait un vent violent et glacial. Nous avons fini par trouver refuge au "Café du thé". Comme son nom l'indique, la carte se limite strictement au thé vert: ni café, ni soda, ni jus de fruit...Et aucune commodité : ni lumière, ni toilettes..., juste quatre murs sinistres!
En dehors du gérant monothéiste, il n'y avait pas âme qui vive! Le thé était brûlant, amer et noir comme un café!
A la réflexion, c'était un panaché!

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17 février 2008

Globes du silence

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"Le monde était comme suspendu, isolé à l'intérieur d'un fragile
globe de silence" (Wilfred Thesiger, "Le Désert des déserts")

Voilà bientôt seize ans que je hante, entre autres, le désert du côté de l'erg Chebbi situé dans le sud-est marocain. Retour à dates fixes sur les mêmes lieux afin d'exacerber le regard…ou encore selon l'incitation d'un Malevitch : "(…)aller de plus en plus loin dans la nudité des déserts. Car là est la transfiguration".
Cette approche, volontairement obsessionnelle, consiste à observer -dans la durée- un sujet, un objet ou un fragment quelconque du monde sensible afin d'en donner une image qui représente la métaphore décantée de son essence. Cela correspond à une démarche résolument inscrite aux antipodes de la photographie réaliste ou documentaire.
Ces photographies sont extraites d'une série dans laquelle j'ai essayé d'intervenir sur le paysage. Néanmoins, il ne s'agit pas, comme dans certaines pratiques du
land art, de meubler de façon massive, monumentale et non neutre la nudité ou le vide présumé d'un lieu...

Le recours de façon emblématique au verre transparent (billes) ou réfléchissant (chutes de miroir * ) est dicté par la nécessité d'utiliser un matériau qui interfère en résonance avec l'intégrité du milieu : à l'origine, le verre c'est du sable comme nous le suggère le poète Edmond Jabès : "La ressemblance du grain de sable avec le grain de sable est, peut-être, celle qu'il y aurait entre les débris d'un miroir, à l'instant de sa chute, et ceux d'un miroir brisé depuis des millénaires".
Dans le dialogue qui s'instaure entre le sable et le verre, c'est la complémentarité entre la 
nature et la culture qui est mise en avant.
Dans la série où des billes sont associées au paysage, la transparence des petites boules en verre présente la faculté d'apprivoiser la lumière, de capter une image du monde et de la renvoyer à l'envers, un peu à la manière d'un dépoli de chambre noire. Il y a là une véritable métaphore de la saisie photographique : capter et confiner l'image d'un fragment du réel dans l'emblème réducteur d'un cadre, ici d'un contour circulaire (qui n'est pas sans rappeler que -historiquement- les premières photographies étaient inscrites dans un cercle).
De plus, avec l'incrustation du paysage photographié dans les billes enchâssées qui ponctuent l'image, on assiste de proche en proche à l'instauration d'une riche rime interne ou encore d'une sorte de
"mise en abyme" générée par des allitérations visuelles.
Cette propriété récursive engendrée par une représentation par multilocation fonctionne sur le mode cohérent et insistant de l'auto-référence : le paysage renvoie à lui-même. Paradoxalement, cela ne parcellise nullement la représentation puisque le résultat obtenu n'est pas un simple agrégat d'images fracturées et disparates. Bien au contraire, en donnant du même paysage une représentation qui conjugue l'Un et le Multiple, l'image s'apparente à une passerelle entre l'immuable et l'infini. En fait, en déployant dans le cadre de l'image plusieurs facettes du même paysage, on favorise en dernier lieu un jeu d'échelle entre le microcosme et le macrocosme.
Au delà de ce constat, il y a une véritable élaboration formelle relative à la composition de l'image sous-tendue par ce que je voudrais appeler une
 "prosodie paysagère" : recherche du rythme, des accents, des contrastes, des césures, des enchaînements, de la ponctuation, des points de suspension du paysage désertique…etc.
Ces billes en verre incorruptible placées consubstanciellement entre l'espace et la matière constituent une interface emblématique entre notre vision analytique et notre perception synthétique mais également un trait d'union entre le regard, la pensée et les cheminements de la lumière entre le dehors, le dedans, l'avers et le revers…
Par ailleurs, chaque bille, par sa forme parfaitement circulaire (le cercle est dans notre cas une projection de la sphère), offre du monde une vision
totale et indivise qui bénéficie de toutes les vertus symboliques du cercle (harmonie, équilibre, protection, douceur, introversion…etc.).
Le choix esthétique de cette forme est inhérent à la bille elle-même. De surcroît, l'usage exclusif des sphères en verre transparent, véritables prismes métaphoriques de l'imagination, ne mobilise-t-il pas le temps, l'espace et la lumière ? Ne fait-il pas miroiter une certaine modernité ?

Au-delà de ma fascination pour le verre, j'avoue demeurer sensible à la dimension nostalgique des jeux de notre enfance (billes, toupie, cerceau…etc.). De même, on ne peut que reconnaître dans le "jeu de billes" certaines postures proches de la pratique photographique: sollicitation de l'œil et de la main, visée avec un seul œil, mesure et appréciation de la distance qui nous sépare de la cible …etc.
Mais au-delà de ces digressions ludiques, esthétiques et rhétoriques, il y a dans ces images comme un vœu de préservation du monde. Déjà, par la production et la multiplication des doubles que sont les images photographiques, il y a chez le praticien photographe le désir conscient ou non de combattre l'oubli, le dépérissement et la mort: faire des photos avant que la vie ne
retire ses billes

Par sa forme enveloppante en circuit parfaitement fermé, le cercle demeure avant tout un symbole de protection. De ce fait, l'inscription de l'image dans une forme ronde correspond au but avoué de mettre notre monde dans une bulle transparente et sécurisante afin de le protéger de tous les dangers et de toutes les pollutions qui le menacent…Puisse notre monde tourner bien rond…

Enfin, petite boule cristalline, dis-nous quelle sera la couleur de l'avenir ?

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18 mars 2008

Pointillés de lumière

Que sommes-nous? Navires qui passent l'un près de l'autre dans la nuit,
chacun avec la vie sur les lignes des vigies éclairées
Et chacun sachant de l'autre seulement qu'il y a là de la vie
et c'est tout.
Navires qui s'éloignent  pointillés de lumière dans les ténèbres,
Chacun indécis et diminuant de chaque côté du noir.
Le reste est la nuit muette et le froid qui monte de la mer.

galaxies

Sois le fanal, sois la lumière au  creux du verre,
Mais garde ta chaleur.
Les vents ne pourront pas te harceler au point
D'éteindre ta lumière,
Et ta chaleur ne viendra pas, se dispersant, à être
Un froid de par l'inutile infini.

Fernando Pessoa, Oeuvres poétiques, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2001

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