La pierre et la prière
Dans le précédent billet intitulé "Le goût d'amande douce d'Amellago", mes yeux, mes narines, mes oreilles et mes pieds m'ont surtout mené, comme par synesthésie, vers les amandiers en fleurs. Mais je n'ai pas manqué d'aller flâner du côté des habitations traditionnelles. Comme c'est souvent le cas, les maisons en pisé sont souvent en ruine. De plus en plus, le béton se répand et menace pernicieusement l'harmonie ancestrale de l'architecture en terre caractéristique de ces contrées reculées.
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Le goût d'amande douce d'Amellago
Entre fin janvier et début février 2013 commençait la floraison des amandiers dans la vallée d'Amellago. Pour profiter de cette aubaine, nous avons pour la nième fois séjourné au gîte de Moha. C'est une contrée encore préservée du tourisme de masse et où il fait encore bon flâner au milieu d'une nature rudement belle!
Voici un petit florilège de cette virée au milieu des cultures et des villages qui embaument le parfum délicat de la fleur d'amandier (surtout au lever et au coucher du soleil). En guise de musique d'accompagnement, le bourdonnement enivré des abeilles butineuses..
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A Fès, il y a photo
Dans le cadre de la Saison Culturelle France-Maroc 2012, l’Institut français de Fès présente du 8 au 31 décembre 2012 la 6 ème édition des Rencontres Internationales de la Photo de Fès sous le titre
Maroc: in and out
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Les différentes expositions seront visibles dans plusieurs espaces situés en ville nouvelle ou dans la médina:
- Galerie de l’Institut de Fès
- Galerie Kacimi
- Musée Batha
- Annexe Dar Batha de l'institut français
- Le Jardin des Biehn
- Complexe Culturel Sidi Mohammed Ben Youssef
Simon Edwards, le Commissaire de cette sixième édition, présente en ces termes cette importante manifestation dédiée à l'image:
"Dans un monde où il est très rare de découvrir encore des endroits secrets ou cachés, la photographie peut jouer un rôle de révélateur.
Cette année, Les Rencontres Internationales de la Photo de Fès témoignent de ce besoin du photographe de pousser des portes, d’aller plus loin afin de découvrir la face cachée des choses ou des êtres.
Scarlett Coten, personnalité flamboyante, nous livre, pour une femme européenne qui débarque l’appareil en bandoulière, la vision d’un Maroc inattendu - celui du monde des hommes.
Jean-Christophe Ballot, lui, après des années de voyages photographiques autour du monde, traverse la ville de Fès avec un regard de poète. Il pénètre l’intimité de cette ville médiévale et nous propose une réflexion sur les correspondances que peuvent entretenir l’image et l’écriture. Tout comme le «Fès Invisible» d’Omar Chennafi qui nous révèle la double identité de cette ville mystérieuse, si sobre vue de la rue et si colorée une fois les portes franchies.
Enfin, découvrir la création de l’art vidéo aujourd’hui en déambulant dans les rues de la médina est une manière de lier histoire et modernité. Face à la mémoire des lieux, le choix de vidéos opéré dans la collection de la Maison Européenne de la Photographie illustre les thèmes les plus actuels: le rôle des femmes dans la société, la violence des conflits humains ou encore l’onirique et l’irrationnel qui surgissent parfois dans la vie de tous les jours."
Par ailleurs, voici la liste des participants annoncés :
Jean-Luc Monterosso Parrain de cette édition et commissaire
Simon Edwards Commissaire
Jean-Christophe Ballot Photographe
Scarlett Coten Photographe
Megumi Matsubara Photographe
Omar Chennafi Photographe
Pour accéder au programme détaillé de cette maniFEStation, cliquez ici
Cueillettes d'automne1
Pour fuir l'ambiance urbaine sang pour sang stressante de la dé-fête des moutons, je me suis réfugié sur les hauteurs du moyen Atlas. En dépit d'un temps placé sous les auspices de la pluie, les éclaircies ne manquaient pas et les sorties balades se faisaient pratiquement tous les jours sous le charme indéniable de la lumière automnale. La cueillette, fort abondante, est à suivre dans les prochains épisodes.
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La mosaïque d'Ourthane
Le 6 juillet 2012, nous avons rejoint Ourthane sur les hauteurs du moyen Atlas. Retrouvailles amicales et bien chal-heureuses au gîte d'Ourthane
Voici, pèle mêle et sans prétention artistique, une petite mosaïque d'images issue de nos promenades sous les couleurs dorées de l'été!
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La mécanique cantique
O rage. Désormais la ville très mûre de ses plaies
nous enseignera
un culte nouveau.
Mais diront les hommes: sable!
où mènes-tu nos esprits d'hommes insoumis et
fragiles
là-bas aux confins des fanges
ou à l'arrachement des sèves de la terre ?
Et suffira-t-il pour nous de dérouler nos yeux sur le
dos du désert
pour que naissent à nos bras nos actes
à venir ?
Hélas! dira-t-il.
Aux munitieux rugissement du désert s'élèveront
nos mains
et nos mains oscilleront
sous les rafales du vent
de toutes parts ce seront nos gestes et invocations
jusqu'au dernier ronflement du vent.
Hélas! dira le sable.
Car suffirait-il aux hommes
de dérouler longuement leurs yeux sur le désert
luisant et versatile
suppliant
invoquant pour que leur soit fait don de l'acte?
Leurs doigts seront greffés au sable et leur front
obstruant
la transe du vent, car
qui seront-ils dans le désert ?
Hommes sans signes sans patronymes; hommes
de toutes saisons que tes siroccos
modèleront.
Qui seront-ils dans le ventre du désert ?
-vers des cloaques vagissant sous les fouets du
Vent! -Alors,
qui seront-ils à l'épreuve du désert ?
Hommes sans noms sans liens hommes de toutes
saisons que tes cherguis
modèleront.
Extraits du recueil poétique de Rachid Khaless (2004), Cantiques du désert, L'Harmattan.
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Aït Daoud

A la faveur des dernières vacances du mois de novembre 2011, nous avons fait une virée sur les hauteurs de l'Atlas du côté des aït Daoud. Nous avons séjourné au gîte qui porte le même nom (voir image à droite). Nous avons été enchantés par la qualité de l'accueil de Saïd le gérant et de son équipe, par le confort et la propreté des chambres et par la gentillesse des gens que nous avons rencontrés lors de nos balades dans les environs ou dans les villages avoisinants (Imn tlite...etc.). A vrai dire, nous avons trouvé la région (architecture, cultures, travail des champs, vie dans les villages, paysages...etc.) rudement belle! Les arrêts photos ont été nombreux! Indéniablement, c'est un coup de coeur !
ll faut signaler également que désormais, une route parfaitement carrossable,mène tout droit jusqu'au gîte et bien au-delà vers Imilchil !
Vu de loin, le gîte Aït Daoud trône sur le paysage comme un vaisseau majestueux !
Depuis sa vaste cour intérieure, à tribord,voici les paysages qui se déroulent devant nos yeux (la lumière varie en fonction du moment de la prise de vue):
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A babord, la vue nous plonge vers le village et ses habitations traditionnelles encadrées par l'ocre dominant des falaises et vers l'écrin des champs ponctués de la silhouette élancée de peupliers qui arborent avec majesté une robe d'un jaune éclatant!
Côté proue de notre vaisseau, il y a d'abord la vue qui plonge vers un cimetière d'une beauté sans fioritures à couper le souffle!
Plus en contre-bas, s'étendent les parcelles des champs et les maigres cultures synonymes du labeur acharné des hommes. Tout en épousant les flancs des collines, les habitations s'élèvent avec sobriété. On relève par-ci par-là quelques coquetteries dans la vive couleur crue d'une porte ou dans l'encadrement souligné d'une fenêtre!
Le soir venu et après une longue journée riche dans tous les sens du terme, nous avons dîné et passé quelques moments agréables à lire au coin du feu! Le lendemain, nous avons décidé d'aller voir de près la mine de sel. Il s'agit d'une exploitation gérée de façon archaïque par trois douars. L'extraction du sel à une douzaine de mètres de profondeur se fait au pic. Le sel est remonté à la surface à dos d'homme avant d'être chargé sur un âne ou un mulet. Sur la piste qui y mène, nous avons observé une grande activité pastorale et rencontré plusieurs troupeaux de moutons et de chèvres qui suivent la canalisation d'eau dans un décor à la fois aride , sauvage et haut en couleurs!
Voilà! Nous pensons que les images sont d'une éloquence qui ne manque pas de sel ! Sous le charme, nous avons décidé de revenir en avril avec des amis pour mieux découvrir cette contrée fort attachante! Au-delà d'Aït Daoud, la route continue de plus belle: voir ici .
Kasbah de Taferdouste

Dimanche dernier (12 juin 2011), nous avons effectué en partance de Fès, une virée vers la région de Boulemane dans le moyen Atlas. Notre but était de découvrir le site de la kasbah de Taferdouste. Nous avons donc emprunté la route de Sefrou. Cette localité distante de 25 kilomètres de la cité idrisside était en train de se préparer pour la fête annuelle des cerises! Tout le long de notre parcours, le paysage changeait continuellement! Un premier arrêt dicté par une ferme en ruine! Sur l'une de ses façades, des tags et des graffitis. Un instrument de musique à cordes (un guenbri ou un wtar) peint en noir attire musicalement le regard depuis la route!

Sur ces hauteurs relatives, le printemps, à notre grande surprise, semblait s'attarder! Des parterres entiers de fleurs mauves s'étendaient devant nos yeux et les coquelicots faisaient à leur manière de la résistance ! A telle enseigne que certaines d'entre nous ont vite succombé à la tentation de confectionner un bouquet!
Une fois dépassée la petite localité de Boulemane, nous nous sommes engagés dans une petite route (Skoura-M'daz) étroite et tortueuse qui longe les méandres d'un cours d'eau qui a creusé et aménagé son lit dans un cadre à la fois rude et grandiose! Les passages à gué étaient nombreux et des pans entiers de la route avaient été endommagés ou emportés par les derniers orages.
Cette présence de l'eau s'alliait avec les lauriers roses et les agaves en fleurs pour apporter une note de douceur aux accents sauvages du paysage.A un détour de la route, il y avait un rocher vertical (et comme taillé exprès) qui comportait plusieurs graffitis en caractères latins ou tifinaghs. C'est là qu'il faut se garer car juste derrière, on découvre un point de vue imprenable sur la kasbah de Taferdouste (Latitude : 33.46667, Longitude : -4.65000)
De l'avis général, c'est un site magnifique qui mérite le détour! Un séjour plus long est désormais programmé pour une plus ample découverte!
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Coupe au ras-le-bol
Rassurez-vous tout de suite, je ne veux point vous parler de coiffure courte qui décoiffe sachant qu'en 2011, la coupe au bol a le vent en poupe!
Le billet du jour porte sur une architecture singulière en pierre sèche que l'on rencontre dans le pays Doukkala, à proximité immédiate de la côte atlantique et à hauteur des villes d'El Jadida et d'Azemmour. Ces constructions sont désignées par le terme probablement d'origine berbère "tazota" qui signifie "bol" et renvoie à la forme d'une écuelle renversée. Un article détaillé et bien documenté sur le sujet est accessible ici
Ma première découverte des tazotas a été faite à la faveur de la lecture d'un article publié courant 2009 dans la revue Jardins du Maroc
Ce n'est que fin janvier 2011 que j'ai pu les voir et les toucher de près ! Mais je l'avoue un peu rapidement. Je reviendrai sur le sujet à une autre occasion.
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On rencontre des architectures tout à fait similaires dans d'autres régions de notre vaste monde. Pour vous en rendre compte, il vous suffit de cliquer sur la carte supra.
La kasba de Boulaouane
Fin janvier, petite virée à la kasba de Boulaouane qui se trouve dans la région des Doukkala, entre grosso modo El Jadida et Settat. A l'arrivée, après le franchissement de la plaine verdoyante des Ouled Frej, il faut bifurquer vers la gauche dans la direction d'Imfout. La route sinueuse finit par arriver sur un plateau où l'on aperçoit, haut perchée, la muraille imposante du fort qui domine les méandres de la rivière d'Oum er-Rabiâ. De ce château fort construit en 1710, il ne reste pas grand chose! Tout n'est pratiquement que ruine et désolation. Voilà donc encore et encore un patrimoine qui fout le camp, tombe en poussière et sombre désespérément dans l'oubli...sans que les autorités tutélaires remuent le moindre petit doigt!
Pour plus d'images sur cette kasba, je vous invite à visualiser ce diaporama
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